Chronologie
Repères factuels (1900–1970)
11 mars 1900
Naissance de Jean Lozeron à Genève, au 40 de la Grand-Rue.
1er avril 1915
Établissement d’une carte d’identité familiale et d’un laissez-passer frontalier permettant de se rendre en France voisine, timbré par les douanes de Collonges et de Moillesulaz.
1915–1918
Premiers pas en montagne au Salève et dans les massifs environnants. Réalisation de nombreuses photographies documentant ses débuts d’alpiniste.
22 juin 1917
Il se constitue prisonnier auprès de la police genevoise à la suite d’une manifestation devant l’ambassade d’Allemagne à Genève.
19 septembre 1920
Grave accident lors d’un rappel en montagne. Un compagnon de cordée décède des suites de sa chute. Jean Lozeron, souffrant de fractures, est secouru le lendemain par Maurice Crettex, guide et gardien de la cabane Dupuis (aujourd’hui cabane d’Orny).
28 mars 1922
Avec Albert Boubier, dit « le Coq », il réalise la première traversée hivernale du Grépon, à Chamonix.
Été 1922
Tournage et première présentation publique d’un film au Salève.
22 septembre 1922
Il rejoint à Zermatt l’équipe des frères Gos comme deuxième caméraman et participe au tournage au Cervin du film La Croix du Cervin, salué par la presse comme le premier film de haute montagne tourné en haute montagne.
23 octobre 1922
Il est dispensé du service militaire en raison des séquelles de son accident de 1920.
22 décembre 1922
Présentation en salle de son film La Grande Arête, projeté à nouveau en 1923.
21 janvier 1923
Les journaux genevois (La Tribune de Genève, La Suisse) saluent son travail cinématographique, contribuant à sa reconnaissance comme caméraman.
1er et 23 juin 1923
Plusieurs journaux font l’éloge du cinéma suisse naissant et de ses films La Grande Arête et La Croix du Cervin.
30 septembre 1923
Il est caméraman pour le film Zora l’endiablée, dirigé par Charles-Émile Sauty, avec lequel il s’associe.
1923–1925
Autres tournages alpins (Grépon, Vallée Blanche), dont il subsiste principalement des photographies.
Novembre 1925
Un document administratif le libère de ses engagements pour un tournage prévu en Finlande, chez les Lapons.
Juillet 1926
Un document d’identité lui est délivré à Dakar, à la suite de la perte de ses papiers.
Selon ce même document, il rentre à Bordeaux le 6 septembre 1926 après deux expéditions cinématographiques en Afrique occidentale, réalisées pour des compagnies de navigation à destination de leurs passagers.
Juillet 1928
Un document de la société Marivaux, à Paris, atteste de la projection pendant trois semaines d’un film sur le ski en Savoie.
Printemps 1929
Il est opérateur sur le film Winter, de Jean Aymar et Jean Lordier, consacré au ski en Suisse, tourné à Mürren, Wengen, sur le glacier d’Aletsch et au Jungfraujoch. Le film sera exploité en salle durant plusieurs années.
Juin 1930
Lettre de recommandation de Lawrence Coolidge le chargeant de la préparation d’une expédition cinématographique au Caucase.
Novembre 1931
Il présente à Genève deux films de Bradford Washburn tournés au Mont-Blanc et au Grépon. Le succès public conduit à une prolongation des projections.
9 novembre 1932
À Genève, lors d’une manifestation antifasciste au Palais des expositions de Plainpalais, la police, débordée, fait appel à l’armée. Celle-ci tire sur la foule. Jean Lozeron, sans appartenance politique particulière, se trouve boulevard du Pont-d’Arve, pris en enfilade par les tirs. Il échappe aux balles en entrant dans un café au moment des premiers coups de feu. Le bilan officiel fera état de 13 morts et 65 blessés. À partir de cet événement, il conservera une crainte durable des foules.
Février 1933
Il participe à l’achat d’un bateau à voile à deux mats, la Peau Brune sur laquelle devait se tourner un film, une idylle amoureuse entre la fiançée du producteur et un acteur fit échouer le projet.
Dans l’année 1933
Il entre au service de la Winterthur Locomotiv Fabrik (WLF) et s’installe à Paris, au sein de la filiale française.
1932–1939
Activité industrielle à Paris pour la WLF, notamment dans l’équipement de bateaux portuaires et fluviaux en moteurs Diesel. Voyages fréquents en Allemagne et en Suisse.
Juin 1940
Il quitte Paris lors de l’avancée allemande, puis y revient brièvement avant de perdre son emploi.
1940–septembre 1943
Activités clandestines : aide à des personnes recherchées, accompagnement vers la zone sud et la Suisse, passages de courriers et de valeurs.
Fin août 1943
Arrestation lors d’une rafle de quartier près de la gare d’Annemasse, rue du Jura. Interrogatoire à l’Hôtel Pax, puis transfert au fort Montluc à Lyon.
Septembre 1943
Déportation au camp de Royallieu, à Compiègne.
25 août 1944
Évasion nocturne d’un train de déportés quittant le camp de Royallieu pour l’Allemagne.
Décembre 1944 / janvier 1946
Chargé de mission pour le ministère de la production industrielle ( Robert Lacoste )
Printemps 1945
Rencontre Lucienne Pacthod qui deviendra sa femme.
1946
Retour en Haute-Savoie.
18 mai 1946
Ils se marient à Paris
1947
Naissance de son 1er fils Jean-Louis à Annemasse.
1948
Installation de la famille à La Tour, en Haute-Savoie. Restauration de la maison familiale.
Début des années 1950
Chef mécanicien sur le chantier du barrage de la Grande Dixence, en Valais.
Années 1950
Vie partagée entre la Suisse et la France.
29 mai 1953
Naissance de son deuxième fils Alain.
20 novembre 1970
Décès à l’hôpital cantonal de Genève, à l’âge de soixante-dix ans, des suites d’un accident de la circulation et d’un cancer.